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10/03/2015

SunPartner : la recharge de mobiles et la transmission de données par la lumière

Au MWC, le français SunPartner a présenté Wysips, des technologies liées à l’énergie lumineuse qui équiperont les produits high-tech de demain.

La jeune PME de R&D basée à Aix-en Provence SunPartner a exposé au Mobile World Congress 2015 son savoir-faire en matière d’intelligence énergétique. Au programme de cette démonstration menée par Matthieu de Broca, directeur du développement commercial de SunPartner, la recharge du mobile mais aussi le transfert de données vers ce dernier, grâce à la lumière.

Wysips Crystal, pour les écrans

Plusieurs technologies portant la marque Wysips se côtoient chez SunPartner (un acronyme signifiant What You See is a Photovoltaic Surface). La plus spectaculaire, baptisée Crystal, consiste à insérer dans un écran de smartphone par exemple, un substrat en verre ultrafin composé de cellules photovoltaïques, qui se présente sous la forme d’un film totalement invisible à l’œil nu. Exposées à la lumière (qu’il s’agisse de lumière naturelle comme le soleil, ou artificielle, l’éclairage), les cellules vont produire de l’énergie qui va ensuite être déversée vers la batterie du mobile pour le recharger. Une expérimentation a été dévoilée lors du salon avec un mobile Kyocera. À terme, il est prévu que l’épaisseur du film descende à 0,1 mm, ce qui permettra d’équiper des smartphones à écran incurvé. Mature, la technologie n’attend plus que d’être testée par les constructeurs, comme ici Kyocera. SunPartner a aussi conjointement annoncé avec Bookeen la signature d’un accord pour intégrer la technologie photovoltaïque invisible Wysips dans les futurs produits du spécialiste français de la liseuse.

Wysips Graphics, pour les objets connectés

Avec Graphics, ce ne sont plus les écrans mais les matériaux (plastique, bois, etc…) qui accueillent les cellules photovoltaïques et ce, toujours de façon totalement invisible pour l’utilisateur. Premier champ d’application, les coques dites intelligentes pour smartphones qui pourront, équipées de cette technologie, se recharger au soleil ou à la lumière. Ces coques pourront également embarquer des capteurs (température, pollution, etc) auto-alimentés. Ainsi, autant la techno Crystal nécessite de travailler en amont avec les constructeurs pour préparer les produits de demain, autant Graphics permet au travers de coques intelligentes, prévues dans les prochains mois, d’offrir de nouvelles aptitudes aux mobiles déjà commercialisés. Au-delà des coques, il est prévu que la montre connectée de Névo, lancée en avril prochain, soit déclinée en version « solaire » dès cet été. La technologie Graphics sera embarquée à même le cadran et elle permettra d’alimenter grâce à la lumière les capteurs d’activité intégrés.

Wysips Connect, quand la lumière véhicule les données

Plus étonnant encore, Sunpartner travaille sur une nouvelle technologie de transfert de données au travers de la lumière visible, baptisée Connect et fondée sur le LiFi (Light Fidelity), le protocole de communication de la lumière visible (celle qui éclaire). Techniquement, on fait clignoter très rapidement une lampe (un clignotement invisible à l’œil nu) à très haute fréquence jusqu’à générer un signal digital (une suite de 1 et de 0), constituant l’information à transmettre. SunPartner effectue sa démonstration à l’aide d’un smartphone Alcatel et d’un cône de lumière qui intègre une modulation du signal pour le transfert d’informations. Lorsque le smartphone, équipé de la technologie Crystal avec récepteurs Li-Fi intégrés, est plongé sous le cône lumineux, une animation se lance à l’écran (voir notre vidéo).
Dans un proche avenir, la technologie devrait notamment trouver sa place dans les supermarchés. Lorsque le client entrera sous ce cône lumineux ultralocalisé (la zone de chalandise), il pourra recevoir un message publicitaire ciblé sur le produit situé dans cette zone… sans que les autres clients soient dérangés.

Wysips SmartPower, pour visualiser la charge

Ne nous leurrons pas, aujourd’hui, la lumière ne permet qu’une recharge très partielle d’un smartphone. Deux heures d’exposition au soleil sont ainsi nécessaires pour que l’appareil récupère une autonomie de 5 mn en appel. Pas facile pour l’utilisateur lambda de constater à la simple lecture de sa jauge les bienfaits de cette technologie. Aussi, SunPartner a créé une application qui d’une part évalue l’énergie engrangée lorsque le mobile est placé à la lumière, et d’autre part calcule l’autonomie gagnée par fonction. Le smartphone fonctionnant exclusivement à l’énergie lumineuse, qu’elle soit solaire ou artificielle, n’est clairement pas pour demain. En revanche, avant la fin de l’année 2015, Wysips Crystal et Graphics devraient équiper liseuses, coques intelligentes et autres objets connectés.

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