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22/12/2016

La fenêtre solaire deviendra réalité dès 2017

Vinci et Sunpartner, inventeur du verre photovoltaïque, créent une coentreprise.
Premières livraisons prévues à l’été.

La fenêtre du futur est pour… 2017. Elle prendra la forme d’une fenêtre à double vitrage au cadre d’aluminium d’apparence ordinaire. Pourtant, elle produira de l’énergie. Car son verre sera en réalité un film photovoltaïque transparent de 2 millimètres, pris en sandwich entre deux couches de verre classique. Une spécialité de la jeune pousse aixoise Sunpartner Technologies (65 personnes), qui a ­convaincu Vinci Construction. « La première étape a été d’isoler les bâtiments. La prochaine sera, par l’ensemble des surfaces, façade comme vitrage, de produire de l’énergie, et pas seulement grâce à la toiture, car celle-ci ne suffira plus à respecter les futures normes thermiques », justifie le président de Vinci Construction, Jérôme Stubler.

Les deux partenaires viennent de créer une coentreprise à 50-50, baptisée Horizon. C’est aussi le nom de cette fenêtre de nouvelle génération, que le joint-venture espère vendre à tous les acteurs du BTP, en ciblant le marché des bureaux et bâtiments tertiaires. Reste à la ­commercialiser à un prix abordable. Or le film photovoltaïque n’est pas donné. « En fonction de ses caractéristiques, le panneau photovoltaïque transparent va de 200 à 700 euros le mètre carré », indique le fondateur de Sunpartner, Ludovic Deblois. Dans la version de la fenêtre présentée mardi, il est en partie basse, et produit l’énergie nécessaire pour déclencher (par télécommande, smartphone, etc.) l’opacification de la partie haute, dont le verre s’assombrit à volonté, grâce à une technologie Saint-Gobain, pour protéger du rayonnement solaire. Ce système économise jusqu’à 30 % de l’énergie du bâtiment, avance ses inventeurs, car « peu de gens le savent, mais dans une tour de bureaux, vu la chaleur dégagée, notamment par les ordinateurs, la climatisation est nécessaire à partir d’une température extérieure de 8 degrés », explique Jérôme Stubler.

Ainsi conçue, la fenêtre « a un coût identique à l’alternative classique : une fenêtre, son store et un brise-soleil en façade du bâtiment, précise Ludovic Deblois. Et elle revient 20 % moins cher en maintenance ». Il suffit de changer la batterie tous les cinq ans. Pour un prix supérieur, la fenêtre (ou le toit vitré) pourra être 100 % photovoltaïque et 100 % opacifiante, le même verre pouvant avoir les deux propriétés.

Toits de voitures
Sunpartner a investi huit millions d’euros dans une ligne de fabrication de film d’une capacité de 30.000 m2 l’an prochain et de 150.000 m2 fin 2018. La joint-venture, elle, va choisir d’ici trois ou quatre mois des façadiers, qui mettront ce film entre deux couches de verre. « Nous prévoyons de vendre 2.000 m2 en 2017, en démarrant les prises de commandes au premier trimestre 2017 et les livraisons à l’été », précise Ludovic Deblois. Sunpartner espère ainsi passer de 2,4 millions de chiffre d’affaires en 2015 à plus de dix millions l’an prochain. Déficitaire depuis sa création en 2008, la société prévoit d’atteindre l’équilibre fin 2018. En attendant de voir son film solaire décollé sur d’autres créneaux, comme les toits vitrés des voitures, où il éviterait à la batterie de se décharger quand la climatisation fonctionne.

Myriam Chauvot, Les Echos
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