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2016/05/26

Bientôt des palettes de vitrages photovoltaïques

ROUSSET. Sunpartner lance en 2017 sa production à échelle industrielle

Rayé de bandes sombres composées de cellules photovoltaïques, ce vitrage semi-transparent (notre photo) aurait pu s’appeler « La marinière ». Élaboré par feu la société Nexcis, et tombé dans l’escarcelle de Sunpartner en 2015 quand la filiale d’EDF a baissé le rideau, il est en passe d’entrer en phase de production industrielle. Il en est de même pour les vitres transparentes productrices d’énergie fabriquées avec la technologie Wysips de Sunpartner « basées sur le développement et le design d’une couche mince photovoltaïque » quasiment invisible.

Sunpartner met actuellement en place la ligne de production dans ses nouveaux locaux de Rousset qui abritaient auparavant Nexcis – auprès de qui Sunpartner a récupéré brevets, savoir-faire et huit anciens salariés. « Toutes les machines seront installées d’ici la fin de l’année, détaille Grégory Winter, vice-président Ventes Europe de Sunpartner. Début 2017, nous pourrons sortir des petites séries et, d’ici mi 2017, produire 30 000 m2 de vitrage par an. Pour cela, nous devrons sûrement embaucher quarante personnes supplémentaires courant 2018. » Une nouvelle qui a contenté Jean-Louis Canal, maire de Rousset, Jean-Claude Féraud, vice-président du conseil départemental et le député Jean-David Ciot, tous trois présent mardi lors de l’inauguration de ces nouveaux locaux.
« Ces produits sont destinés au marché du bâtiment qui, devant répondre à certaines normes, tend vers l’autonomie énergétique », explique le président de Sunpartner, Ludovic Deblois, qui a mis en place un partenariat avec Vinci Construction. L’énergie ainsi produite peut servir à opacifier automatiquement les verres – oui, comme sur des lunettes-, ou bien être valorisée à travers la domotique. « L’électricité peut être consommée localement, mais aussi être injectée dans le réseau », complète Grégory Winter. « Ces vitrages sont utilisables dans les transports, poursuit Ludovic Deblois. Comme pour équiper les voitures de toits ouvrants solaires. » Mais l’aéronautique, le ferroviaire, le nautisme font aussi partie du coeur de cible…

L’autre produit phare de Sunpartner est l’écran solaire, composant ultrafin et transparent qui « combine matériau photovoltaïque et système optique adapté al’écran, idéal pour les téléphones et montres connectées ».
Plus clairement : placer un téléphone portable sous la lumière du soleil permet de le recharger. « Cela n’a, pour le moment, qu’une fonction de sécurité puisque trois minutes d’exposition permettent d’alimenter une minute de temps de conversation », selon Grégory Winter. Le prototype fabriqué par la marque Kyocera n’est pas encore commercialisé.
L’écran solaire est toutefois plus efficace avec des objets moins énergivores, tels que les montres connectées qui peuvent, ainsi équipées, « atteindre 50 % d’autonomie ».

François RASTEAU

HISTORIQUE
Sunpartner, société fraîchement installée à Rousset – elle était auparavant à Lambesc, puis au château de Galice – a été créée en 2008 par Ludovic Deblois, ingénieur (UTC) né à Reims en 1977, et Joël Gilbert, 58 ans, astrophysicien. Son domaine? Les Nouvelles technologies de l’énergie. Son créneau? Les surfaces photovoltaïques transparentes. Lesquelles semblent en plein développement. Si, en 2013, la société comptait trente collaborateurs, ils sont actuellement cinquante-neuf salariés. Depuis sa création, Sunpartner a déposé plus de 15O brevets et levé 45 millions d’euros. Et a aussi rembauché neuf salariés de Nexcis, ancienne filiale du groupe EDF qui officiait dans le domaine de l’énergie solaire. Nexcis ayant fermé en 2015, Sunpartner s’est installé dans ses locaux.

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